Réseaux sociaux et santé mentale chez les jeunes : quel soutien des mutualités ?

Les réseaux sociaux sont à la fois une chance et un risque pour les jeunes. Ils permettent de rapprocher les amis et les personnes partageant les mêmes centres d’intérêt, et peuvent constituer une importante source de soutien et de lien social. Cependant, ces mêmes plateformes peuvent aussi entraîner une utilisation problématique, voire une dépendance, des troubles du sommeil et un sentiment de pression. Le défi consiste à trouver un équilibre sain, ce qui n’est pas évident pour de nombreux jeunes. Les mutualités proposent un soutien financier lorsqu’un accompagnement psychologique est nécessaire.
Une augmentation de l’utilisation problématique
Selon une étude de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), 36 % des jeunes sont constamment en contact en ligne avec leurs amis. Les réseaux sociaux peuvent donc réellement rapprocher les jeunes et les soutenir, mais leur utilisation peut parfois devenir excessive. Selon la même étude, pas moins de 11 % des jeunes ont une utilisation problématique des réseaux sociaux. En 2018, ce chiffre n’était encore que de 7 %.
Les jeunes deviennent plus vulnérables
Selon une étude récente des Mutualités Libres (MLOZ), la vulnérabilité psychologique des jeunes augmente également. Les jeunes Belges rapportent plus fréquemment des troubles du sommeil, de l’abattement, de l’irritabilité et de la solitude. La consommation d’antidépresseurs chez les 12-18 ans a également augmenté de 43,6 % entre 2019 et 2023.
Attribuer entièrement cette évolution aux réseaux sociaux serait toutefois trop simpliste. La pression scolaire, les attentes de la société, les situations familiales et d’autres facteurs jouent également un rôle. Les réseaux sociaux constituent un élément d’un problème plus large, et non la cause de tous les problèmes de santé mentale chez les jeunes.
Tous les réseaux sociaux ne se valent pas
Selon MLOZ, ce sont notamment les réseaux sociaux qui utilisent des algorithmes de recommandation, le défilement infini, du contenu nuisible, des notifications, et d’autres techniques visant à retenir les utilisateurs le plus longtemps possible qui peuvent poser problème.
Chez les jeunes en particulier, dont le cerveau est encore en plein développement, il peut être particulièrement difficile de résister à un flux constant de stimuli. De plus, l’utilisation problématique des réseaux sociaux est notamment associée à une moins bonne qualité du sommeil ainsi qu’à un bien-être mental et social plus faible.
Agir sur tous les fronts
Selon MLOZ, la solution ne consiste pas à diaboliser les réseaux sociaux. Sortir les jeunes du monde numérique n’est ni réaliste ni souhaitable. L’organisation plaide pour des mesures permettant de mieux adapter cet univers au développement et au bien-être des jeunes. Cela nécessite de développer l’éducation aux médias, avec un rôle important pour les parents, les écoles et les professionnels de la santé, ainsi que de proposer des alternatives attrayantes hors ligne.
MLOZ demande également aux plateformes d’assumer leurs responsabilités. Il est impossible pour les parents de lutter seuls contre des technologies conçues précisément pour capter l’attention des utilisateurs le plus longtemps possible. Les appels à une réglementation et à des mesures telles qu’un âge minimum se multiplient et prennent de plus en plus de place dans l’agenda politique de plusieurs pays.
Enfin, les jeunes doivent apprendre à utiliser ces outils numériques de manière saine, sans pour autant faire peser toute la responsabilité sur leurs épaules.
Remboursements pour la santé mentale
Les jeunes confrontés à des problèmes psychologiques peuvent consulter un psychologue conventionné, y compris lorsque les réseaux sociaux jouent un rôle dans leurs difficultés. Le psychologue évalue si le jeune entre dans le groupe cible. Les séances psychologiques au sein du réseau de soins psychologiques de l’INAMI sont entièrement couvertes pour les enfants et les jeunes jusqu’à 23 ans inclus.
En complément de l’intervention de l’INAMI, les mutualités proposent souvent des avantages supplémentaires pour l’accompagnement psychologique. Les conditions et les montants peuvent toutefois varier considérablement d’une mutualité à l’autre.
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- Organisation mondiale de la Santé (OMS Europe) – Teens, screens and mental health, 25 septembre 2024. Étude consacrée à l’utilisation des réseaux sociaux chez les jeunes, notamment les chiffres concernant l’utilisation problématique (11 %) et le contact en ligne constant avec les amis (36 %).
- Mutualités Libres (MLOZ) – Réseaux sociaux et santé mentale des jeunes, 16 juin 2026. Source pour l’augmentation de 43,6 % de la consommation d’antidépresseurs chez les 12-18 ans entre 2019 et 2023, ainsi que pour les données sur l’utilisation intensive des réseaux sociaux et les recommandations.
Expert en avantages des mutualités et assurances hospitalisation, et fondateur de YouSave.be.
20 ans d’expérience dans les technologies de comparaison et les produits financiers.


